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 Contes et légendes de chez nous

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Vero
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MessageSujet: Contes et légendes de chez nous   Mar 27 Juin - 23:50

La sorcière de Vieux- Waleffe.

Adolphe, attristé, quitte son écurie avec un seau d’eau fraîche destiné à son cheval malade. Ce n’est pas le premier animal à se trouver dans cet état puisque depuis le début de l’hiver, dix bêtes avaient déjà trouvés la mort sans savoir pourquoi.

Un vieil homme lui avait confié autrefois qu’une sorcière jetait des sorts aux chevaux. Pour savoir de qui il s’agit, il faut laisse s’échapper la bête mourante et elle ira périr devant la porte de la jeteuse de sorts.

Adolphe, qui voyait son cheval très affaibli, ouvrit la porte de l’écurie et détacha l’animal. Le cheval se dirigea vers la porte, se cambra sur ses pattes arrière en hennissant et se lança sur le chemin qui menait au village.

Le fermier suivit son animal tant bien que mal et le retrouva au Vieux- Waleffe, près de l’église. Son cheval venait de rendre l’âme devant la maison d’Appolonie. Adolphe s’empressa de crier dans tout le village que Appolonie était une sorcière.

Le vieil homme qui l’avait conseillé de lâcher son cheval réunit quelques hommes et le rejoignit. Mais il fallait attendre la messe du dimanche pour capturer la sorcière et attendre qu’elle ait le dos tourné au tabernacle.

Le dimanche suivant, l’église était bondée. Tous les habitants du village et des environs s’étaient rendus à la messe pour assister au jugement de la sorcière. Appolonie arriva. Comme à son habitude, elle se rendit devant l’autel à la fin de la cérémonie pour se recueillir.

Au moment où elle tourna le dos au tabernacle, trois hommes s’en sont emparés et l’ont empoignées, lui tenant les mains derrière le dos. La malheureuse captive demanda un sabot ensuit de graisse et les hommes ne purent refuser son ultime demande.

Appolonie s’en empara et l’objet se mit à briller comme de l’or, aveuglant ses tortionnaires. Un nuage de poussière enveloppa la vieille femme et retomba sur le sol. Appolonie avait disparu.

Le dimanche suivant, les villageois étaient tous présents à la messe afin de se venger de la sorcière. Le même scénario que le dimanche précédent eu lieu mais cette fois, ils lui lièrent les poings et les pieds. Les bourreaux remarquèrent une cicatrice bleuâtre sur son bras droit : la marque du diable ! Quelqu’un enfonça une lame de couteau dans la cicatrice et Appolonie poussa un cri horrible. On la traîna hors de l’église où elle fut jugée et condamnée à mort par les habitants du bourg.

Le jour de son exécution, on lia la sorcière sur une grande échelle. Elle fut emmenée près de la chapelle Bon-Secours où l’attendait le bûcher. On mit le feu aux brindilles et Appolonie jetée dans les flammes. Ses cris retentissaient dans toute la campagne tandis que les villageois buvaient du bon vin.

Il paraît que depuis ce jour, le mal épargne tous les chevaux de Vieux- Waleffe.






Cette histoire est un résumé que j’ai réalisé à partir des « contes et légendes de Wallonie ».
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MessageSujet: Re: Contes et légendes de chez nous   Mar 27 Juin - 23:51

Les blancs cailloux de Mousny (province du Luxembourg)

A Mousny, vivait un vieux berger méchant. Tout le monde dans le village le craignait. Pendant longtemps, il avait emmené paître les vaches et moutons de Mousny jusqu’à la tombée de la nuit. On lui avait laissé ce poste car durant la guerre, il était parvenu à sauver les bêtes en les changeant en taupinières à l’approche des pilleurs. Cette sorcellerie avait sauver bien des animaux mais les propriétaires se plaignaient de la maltraitance que ces pauvres vaches subissaient.

Le berger avait alors offert ses services au fermier des Ormeaux qui n’osait pas le licencier par crainte de ses maléfices.

Les villageois observaient ses activités et bien souvent, ils voyaient le vieux berger renifler dans tous les sens, prononcer des paroles magiques et étendre sa veste sur le sol. A peine le vêtement était-il posé qu’il se remplissait de tartes et autres mets qui cuisaient les femmes du village… Les repas traversaient les airs pour finir au pied du berger.

Un jour que le berger s’installait dans la campagne, il vit arriver un homme sur le chemin. Il avait la tête rasée et s’appuyait sur un bâton. Arrivé à ses côtés, l’inconnu vint d’asseoir auprès de lui et lui demanda un gobelet d’eau car la chaleur était accablante.

Le berger, qui avait dans son sac un pain et une grande cruche d’eau, méprisait ses pèlerins qui traversaient le village pour se rendre sur la colline de Marcourt. Il demanda à l’inconnu de le laisser tranquille et de continuer son chemin.

Le pèlerin regarda le berger avec beaucoup de douceur et de tristesse. Le vieillard lui cria qu’il voulait être tranquille et qu’il devait passer son chemin.

Le pèlerin lui répondit alors : « ainsi tu me refuses un peu d’eau mais tu ne me permets pas de m’asseoir à tes côtés quelques instants. Je prierai Saint Thibaut de faire descendre un peu de charité sur ton cœur ». Après quoi il se leva et alla s’asseoir à vingt mètres de là.

Le berger le rejoignit et lui demanda de se lever et de partir sinon, il se ramassera u coup de bâton. Le pauvre homme se releva une nouvelle et parti. Le berger furieux, s’empara d’un caillou et le lança dans le dos du pèlerin. Il poussa un cri de douleur et la pierre ricocha et pour atteindre le berger là où il avait frappé l’étranger. Il était maintenant terrifié et se pétrifia, avec son troupeau. Jésus, qui s’était déguisé en pèlerin, se dirigea lentement vers le sanctuaire de Saint Thibaut, sur la colline.

Aujourd’hui, lorsque l’on passe sur le chemin qui mène à Marcourt, on peut apercevoir de gros blocs de pierre blanchâtre. Il ne s’agit en réalité que du vieux berger méchant et de son troupeau.



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MessageSujet: Re: Contes et légendes de chez nous   Mer 28 Juin - 17:38

La fée de la Lienne

Il y a très longtemps vivait Rambert Grimbiéville, un jeune seigneur d’Ardenne. Fils unique, il vivait dans un château au milieu des forêts.

Un jour, il s’en alla seul dans les bois. Il vit passer devant lui un sanglier et décida de le suivre. Après plusieurs dizaines de minutes de marche, il décida de marquer une pause près du petit ruisseau qui se trouvait un peu plus loin. Comme la nuit tombait, il décida de passer la nuit à cet endroit.

Il entendit siffler les merles et pensant que le petit matin venait de se lever ouvrit les yeux. Quelle ne fut pas sa surprise de voir la lune briller dans le ciel. Il vit alors de longs cheveux blonds ondulés et une femme se tenait devant lui « Je suis la fée du ruisseau, Lienne. Dans cinq ans, je devrai quitter cette terre pour laisser la place à ma sœur. »

Emerveillé, Rambert lui demanda sa main et leur mariage fut célébré quelques jours plus tard. Ils vivaient heureux mais un jour pourtant, Lienne annonça une terrible nouvelle à son époux.

« Le moment est venu de nous dire adieu. Vous m’avez donné cinq ans de bonheur tel que je n’en trouverai pas d’égal au pays des fées où je vais m’en aller pour toujours… Avant de partir, je vais vous léguer ma petite chèvre : sa toison est en or et se renouvelle chaque saison. Elle vivra dans votre famille tant que la descendance mâle se perpétuera. »

Abattu par cette annonce, il décida de sauvegarder la seule chose qui lui restait : la chèvre magique. Il épousa la fille du seigneur voisin et ils eurent un fils. Rambert fit fortune et sa descendance continua jusqu’au dix-septième siècle. Une épidémie de peste ravagea la Belgique et tua le seigneur et ses trois fils… la chèvre disparut à son tour.




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MessageSujet: Re: Contes et légendes de chez nous   Mer 28 Juin - 17:44

Le meunier du Fonds de Quarreux (province de Liège).

Lambert, un meunier jeune et courageux vivait avec sa femme Catherine et ses cinq enfants dans un petit moulin aux murs de pierre. Ce moulin, était victime des caprices de la rivière sur laquelle il été construit. Quant elle était à sec, la rivière se permettait pas à la grande roue de s’actionner et lorsque le niveau montait, le courant la brisait.

Un dimanche d’été, dans l’après midi, un orage éclata et la pluie abondante tomba jusqu’au soir. La nuit, le meunier fut réveillé par un fracas et il se précipita dehors. La violence de l’orage avait fait tombé un tronc d’arbre sur la roue de son moulin et une brèche avait permis à l’eau d’inonder ses grains et sa farine.

Lambert était désespéré et ne vivait plus. Un soir, alors qu’il était seul, il entendit un bruit derrière lui. Un homme était là, grand, mince, avec des yeux brillants dans l’obscurité. « Lambert, je connais ton malheur. Vends moi cent ans au paradis et je te construis un moulin à vent. Je reviendrai dans trois jours et tu me diras si tu acceptes mon marché. »

Il dit à sa femme que leur situation allait s’améliorer car des clients de Stoumont lui devait de l’argent et qu’avec ça, il construirait un moulin à vent. Mais la nuit, Catherine entendait son mari rêver et eu bien vite compris que le diable voulait lui faire conclure un pacte.

Trois nuits plus tard, Lambert se leva et s’en alla sur un chemin. Décidé à sauver son époux, Catherine suivit ses pas. Au bout du sentier se tenait un grand homme. Il discutait avec le meunier et l’incitait à signer un papier sur lequel figuraient les clauses du contrat. Le diable dit : « Si les ailes ne tournent pas au moment où le coq chantera dans trois nuits, je perds tous mes droits. »

La nuit suivante, un amas énorme de matériaux s’était déposé. La deuxième nui, la meunière vit se dresser les murs sur lesquels de nombreux hommes travaillaient. La troisième nuit, elle se faufila dans le moulin en construction et calla les ailes qui semblaient se mettre en mouvement.

Le chant du coq se fit entendre. L’inconnu, assis à côté du meunier, était satisfait de son travail mais les ailes ne tournèrent pas. Le diable disparu dans un long cri et la construction vola en éclat et les pierres furent projetées de tout côté. Au milieu des décombres, le meunier reconnu le corps inerte de sa femme… c’est à cet instant qu’il compris ce qui venait de ce passer.

Il parait qu’aujourd’hui encore, les pierres du moulin gisent là où elles seraient tombées il y a quelques centaines d’années.



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MessageSujet: Re: Contes et légendes de chez nous   Mer 28 Juin - 17:45

Le vampire de Sougné (province de Liège).

Cette fois, c’est l’histoire d’un chaudronnier ambulant Egide Zimger et de son fils Tobias que nous allons approcher.

Le troisième dimanche du mois d’octobre est un jour de fête à Sougné. Ce jour là, Tobias se rendit au bal et aborda Pétrolline, une jeune fiancée.

Egide et Tobias restèrent dans la région et louèrent une petite maison que personne ne voulait approcher depuis qu’un crime y avait été commis.

Pendant l’hiver, Egide s’était rendu chez le père de Pétronille pour demandé la main de sa fille afin qu’un éventuel mariage ait lieu avec Tobias. Le fermier jeta le chaudronnier dehors car Pétronille devait épouser son fiancé après Pâques. Tobias en tomba malade et décéda.

Depuis la mort du jeune homme, Pétronille n’était plus la même. Elle ne riait plus et s’était complètement désintéressée de son amoureux.

Un jour qu’il terminait de traire les vaches, on l’entendit pousser un cri. Ses parents se précipitèrent dans l’étable et la questionnèrent. Elle ne cessait de dire que Tobias était là, là et la regardait traire.

Moins d’une heure plus tard, son fiancé se rendit chez elle et annonça qu’il venait de voir un jeune homme qui marchait sur le chemin et qui ressemblait étrangement à Tobias, sauf qu’il était enveloppé dans un linceul.

Le lendemain matin, la mère de Pétronille voulu la réveiller afin qu’elle aille traire les vaches mais celle-ci était inerte. Elle portait au cou une minuscule morsure et lorsqu’elle se réveilla, elle prétendit qu’elle avait reçu la visite de Tobias durant la nuit.

Puisque les villageois voyaient Tobias partout, le curé demanda à ce que l’on exhume le corps du jeune chaudronnier. Le jour du Vendredi Saint, le fossoyeur s’exécuta. La terre était extrêmement meuble, comme si on l’avait récemment remuée. Dans la foule présente au cimetière se trouvait un homme souriant. Il se présenta

« Je suis le colonel Frédéric de Neuhoff et je suis chasseur de primes. J’ai décidé de traquer les vampires et je sais comment arrêter ces évènements macabres. Il faut que vous publier les bans et si les fiancés sont d’accords, il vous faut les marier. Tobias ne pourra pas laisser les choses se faire et sortira forcément de sa tanière ».

Pétronille et Pascal, son fiancé, se marièrent donc après Pâques. La nuit de noce arriva et le colonel attendait le vampire avec une carabine chargé de balles de plomb extrait de Transylvanie.

Soudain, le vampire se présenta à la fenêtre des jeunes époux et le colonel tira. Il se précipita sur le corps anesthésié du démon et enfonça une longue épingle d’acier dans le cœur. Le colonel de Neuhoff jeta le corps du vampire dans le chantoir de Warnoumont et conserva la tête de Tobias afin de recevoir sa prime.

Depuis ce jour, le village de Sougné ne vit plus Tobias et ses habitants vécurent heureux.



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MessageSujet: Re: Contes et légendes de chez nous   Mer 28 Juin - 17:47

L’enfant changé.

Un maréchal jaloux, critiqua un soir le travail des nutons (En effet, ces petits êtres des bois rendaient de multiples services aux humains). Sa femme, qui allaitait son petit de deux ans, le somma de se taire.

Le lendemain matin, la mère aperçu à la place de son enfant, un personnage étrange, difforme à la figure grimaçante. Le père se fâcha et pensa même à déposer cet étranger dans les bois, mais la mère refusa.

Pendant plusieurs jours, ils cachèrent le monstre, en pleurant et criant à l’injustice. La mère, désolée, alla trouver la vieille dame du village qui était experte pour soigner les maux en tout genre.

- « Les Nutons se sont vengés de votre vilain époux, pour que les choses se rétablissent vous devez faire parler le nuton qui se trouve dans votre landau et une fois qu’il aura prononcé quelques mots, il disparaîtra. Pour ce faire, prenez des coquilles d’œufs auxquelles vous fixerez un petit bâton. Placez le autour du berceau du nuton pendant qu’il dormira, cachez-vous et attendez.

La nuit suivante, le maréchal et sa femme s’exécutèrent et se cachèrent. Au petit matin, le nain se réveilla, s’assit en criant et regarda autour de lui. Il dit « J’avais déjà vu beaucoup de louches mélangeantes mais tout de même jamais tant que cela ». Une fois fini, des nutons entrèrent par la cheminée, enlevèrent leur ami et le remplacèrent par le fils du couple.


Cette histoire est un résumé que j’ai réalisé à partir des « contes et légendes de Wallonie ».

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MessageSujet: Re: Contes et légendes de chez nous   Jeu 29 Juin - 15:12

Les Couquebakes Localité de Ellezelles --> Hainaut

Il y avait une fois un château qui dominait la colline. On disait qu'il était hanté. Les dernières personnes qui avaient habité cette demeure s'en étaient allées, car le fantôme qui y avait élu domicile était particulièrement remuant... Tous les villageois en avaient peur, si bien que plus personne ne voulait habiter le château, et même, on évitait de passer à proximité. On en parlait beaucoup au village, mais personne ne se décidait à faire quelque chose. Un jour, Octave, le cordonnier, releva le défi:
- Ce fantôme ne me fait pas peur! Cette nuit, j'irai au château, et pour passer le temps, je ferai des couquebakes! (comprenez des crêpes). Donnez-moi les ingrédients nécessaires, je m'en vais les cuire au château!
Et il partit vers l'étrange demeure... A la nuit tombée, il pénétra dans la cuisine du château. Il alluma un grand feu et commença son ouvrage. Il s'apprêtait à verser la première louche de pâte dans la poêle quand il entendit frapper un grand coup au plafond et une voix rauque qui disait:
- Est-ce que je peux tomber?
Et Octave répondit calmement:
- Oui, mais pas dans mes crêpes! C'est un bras qui tomba!
Octave, sans plus d'hésitation, le jeta derrière lui afin d'avoir plus d'aisance pour continuer à faire cuire ses couquebakes. On cria encore:
- Est-ce que je peux tomber?
Sans se démonter davantage, Octave répondit à nouveau :
- Oui, mais pas dans mes couquebakes!
Un autre bras tomba, puis ce furent les jambes, le tronc et la tête... Alors on n'entendit plus rien, tout était calme. Mais quand Octave se retourna, il tomba nez à nez avec un squelette! Gardant son sang froid, Octave lui adressa la parole et lui demanda s'il voulait une couquebake. Mais le squelette ne répondait pas. Octave commençait à s'énerver quand le squelette lui dit de l'accompagner dans la cave...
- D'accord, mais tu passes le premier! répondit Octave, car il se méfiait quand même, et il le suivit. Au fond de la cave, le squelette indiqua trois pots à notre villageois. Le premier pot était plein de pièces d'or, le deuxième de pièces d'argent et le troisième de pièces de monnaie ordinaire. Octave n'en croyait pas ses yeux. Le squelette lui dit:
- Le pot d'or, c'est pour faire dire des messes pour les défunts du château, l'argent, c'est pour distribuer à tous les pauvres du village, et le troisième pot, celui rempli de monnaie, c'est pour toi.
- D'accord, dit Octave, mais le squelette avait déjà disparu.
Honnête homme, Octave était décidé à faire ce que le squelette lui avait dit. Il remonta donc avec les pots, et pensait tellement à faire son devoir qu'il en oublia même ses couquebakes... Octave regagna le village et alla directement trouver le curé pour lui remettre le pot d'or. Ensuite, il alla distribuer l'argent aux pauvres. Enfin, il garda la monnaie pour lui, il l'avait bien méritée! Le curé dit donc des messes pour les défunts du mystérieux château. Peu après, les villageois s'aperçurent que le château n'était plus hanté: le fantôme l'avait abandonné car les messes de monsieur le curé lui avaient permis d'entrer au paradis. De nouveaux châtelains intégrèrent alors la demeure, et y vécurent en paix. Octave, quant à lui, vivait toujours au village, mais à présent, il était devenu un héros, riche de surcroît

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MessageSujet: Re: Contes et légendes de chez nous   Dim 27 Aoû - 10:44

L'histoire du Manneken Pis est semble-t-il bien difficile à déterminer. Quelle est la réelle légende qui entoure ce petit garçon de bronze?

Voilà qui vous éclairera peut être:

première version

Une sorcière habitant à l'emplacement de la statuette aurait ensorcelé un enfant qui faisait pipi sur son trottoir et l'aurait condamné à répéter ce geste pendant plusieurs siècles. Pour alléger la peine du gamin, les Bruxellois décidèrent de le remplacer par une statuette en pierre.



Une autre légende

On raconte que lors de la bataille de Ransbeke (Neder-overHeembeek), en 1142, les soldats du duc de Basse-Lotharingie, Godefroid II, avaient pris comme mascotte le petit-fils du duc, âgé à peine de trois mois. et l'avaient suspendu à un chêne, dans son berceau. Selon la légende, le gamin aurait alors fait le geste qui l'a rendu célèbre.

Encore?

Un riche bourgeois avait égaré son jeune fils dans la foule au cours de festivités organisées à Bruxelles...

Après cinq jours de recherches infructueuses, l'enfant a été retrouvé, urinant ° avec désinvolture au coin de la rue de l'Étuve.

Le père, reconnaissant, a alors financé la construction d'une fontaine ornée d'une statuette en bronze se livrant à la même activité

Une petite dernière pour la route:

On raconte aussi qu'un petit garçon aurait sauvé la ville en éteignant à sa manière la mèche à l'aide de laquelle des ennemis voulaient mettrez le feu à la cité.




La statue.


En 1619, les autorités bruxelloises commandèrent au sculpteur Jérôme Du Quesnoy la statue que l'on peut encore voir aujourd'hui sur sa colonne de 2 m de haut, à l'angle des rues du Chêne et de l'Étuve, non loin de la Grand-Place où se trouve l'Hôtel de Ville de Bruxelles.

Il est de tradition d'offrir à Manneken-Pis des vêtements à des occasions spéciales notamment pour honorer une profession. La garde-robe actuelle comprend des centaines de costumes.

Sa collection de vêtements occupe une salle entière du musée communal [situé dans la Maison du Roi].

Au fait, saviez-vous que Manneken Pis voulait dire "petit Julien?" study


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MessageSujet: Re: Contes et légendes de chez nous   Mar 5 Sep - 9:14

Les Couquebakes (Ellezelles)

Il y avait une fois un château qui dominait la colline. On disait qu'il était hanté. Les dernières personnes qui avaient habité cette demeure s'en étaient allées, car le fantôme qui y avait élu domicile était particulièrement remuant...

Tous les villageois en avaient peur, si bien que plus personne ne voulait habiter le château, et même, on évitait de passer à proximité. On en parlait beaucoup au village, mais personne ne se décidait à faire quelque chose. Un jour, Octave, le cordonnier, releva le défi:

- Ce fantôme ne me fait pas peur! Cette nuit, j'irai au château, et pour passer le temps, je ferai des couquebakes! (comprenez des crêpes). Donnez-moi les ingrédients nécessaires, je m'en vais les cuire au château!

Et il partit vers l'étrange demeure... A la nuit tombée, il pénétra dans la cuisine du château. Il alluma un grand feu et commença son ouvrage. Il s'apprêtait à verser la première louche de pâte dans la poêle quand il entendit frapper un grand coup au plafond et une voix rauque qui disait:
- Est-ce que je peux tomber?
Et Octave répondit calmement:
- Oui, mais pas dans mes crêpes! C'est un bras qui tomba!
Octave, sans plus d'hésitation, le jeta derrière lui afin d'avoir plus d'aisance pour continuer à faire cuire ses couquebakes. On cria encore:
- Est-ce que je peux tomber?
Sans se démonter davantage, Octave répondit à nouveau :
- Oui, mais pas dans mes couquebakes!
Un autre bras tomba, puis ce furent les jambes, le tronc et la tête... Alors on n'entendit plus rien, tout était calme. Mais quand Octave se retourna, il tomba nez à nez avec un squelette! Gardant son sang froid, Octave lui adressa la parole et lui demanda s'il voulait une couquebake. Mais le squelette ne répondait pas. Octave commençait à s'énerver quand le squelette lui dit de l'accompagner dans la cave...

- D'accord, mais tu passes le premier! répondit Octave, car il se méfiait quand même, et il le suivit. Au fond de la cave, le squelette indiqua trois pots à notre villageois. Le premier pot était plein de pièces d'or, le deuxième de pièces d'argent et le troisième de pièces de monnaie ordinaire. Octave n'en croyait pas ses yeux. Le squelette lui dit:
- Le pot d'or, c'est pour faire dire des messes pour les défunts du château, l'argent, c'est pour distribuer à tous les pauvres du village, et le troisième pot, celui rempli de monnaie, c'est pour toi.
- D'accord, dit Octave, mais le squelette avait déjà disparu.

Honnête homme, Octave était décidé à faire ce que le squelette lui avait dit. Il remonta donc avec les pots, et pensait tellement à faire son devoir qu'il en oublia même ses couquebakes... Octave regagna le village et alla directement trouver le curé pour lui remettre le pot d'or. Ensuite, il alla distribuer l'argent aux pauvres. Enfin, il garda la monnaie pour lui, il l'avait bien méritée! Le curé dit donc des messes pour les défunts du mystérieux château. Peu après, les villageois s'aperçurent que le château n'était plus hanté: le fantôme l'avait abandonné car les messes de monsieur le curé lui avaient permis d'entrer au paradis. De nouveaux châtelains intégrèrent alors la demeure, et y vécurent en paix. Octave, quant à lui, vivait toujours au village, mais à présent, il était devenu un héros, riche de surcroît!


source: Julie Boitte sur http://www.lefantastique.net/con_leg/belgique/detail_contes.asp?nom=Les%20Couquebakes
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MessageSujet: Re: Contes et légendes de chez nous   Mar 5 Sep - 9:17

Le fils du paysan à râves (Westhoek)

Il était une fois un pauvre paysan. Il ne vivait quasiment que de raves, c'est pourquoi on l'appelait knolleboer, le paysan à raves.

Ce paysan avait trois fils. Les deux aînés tyrannisaient le plus jeune, ils se moquaient de lui et le méprisaient, pourtant, le benjamin était et restait honnête et bon. De knolleboer possédait un petit bout de terre très étrange car tout ce qui commençait à pousser là se trouvait, le matin venu, complètement anéanti.

Après l'avoir laissé en friche pendant quelques années, pensant que la situation s'améliorerait peut-être, le paysan ensemença à nouveau le champ. Ayant appris l'histoire, le plus jeune fils décida d'aller veiller chaque nuit afin de connaître la cause de l'anéantissement des récoltes et trouver le moyen de l'éviter. Il se posta près du champ et se trouva soudain nez à nez avec trois fantômes...

N'écoutant que son courage, il leur adressa la parole: - Pourquoi venez-vous ici, sur la terre de mon père? Et les fantômes lui répondirent à leur tour: - Nous sommes venus pour anéantir ces récoltes! - Mais pourquoi? continua le jeune homme, n'y a-t-il pas moyen de changer cela? - Si, bien sûr, répondirent les fantômes, et ils lui expliquèrent sans plus se faire prier qu'il devait faire ensemencer le champ par sept jeunes filles. Alors, les fruits en seraient épargnés. Et même, comme ils le trouvaient sympathique, ils ajoutèrent: - Après cela, si tu as besoin de nous, tu n'auras qu'à dire: 'Fantômes, je suis dans le besoin, aidez-moi!', et nous t'aiderons. Le fils rentra chez lui et annonça la nouvelle à son père. Tout fut fait selon la volonté des fantômes et les fruits furent épargnés.

Par ailleurs, dans le pays où le paysan et ses fils vivaient sévissait un dragon qui, chaque année, s'emparait d'une jeune fille tirée au sort. Cette année, c'était la fille du roi, et tout le pays était profondément triste car la princesse était aimée de tous. Cependant, personne n'avait le courage de braver le dragon. Et le jour funeste arriva.



Tous les villageois étaient présents pour voir ce qui se passerait, y compris les deux fils aînés du paysan à raves. Ils s'opposaient à ce que leur jeune frère les accompagne. Le benjamin insista tellement auprès de son père que celui-ci finit par céder, mais à une condition: il devait être revenu le premier.

Le père ne s'opposait en effet pas à ses deux fils aînés: - Ce serait fâcheux pour tes frères s'ils apprenaient que tu y es allé sans avoir fini ton travail! Enfin, le jeune homme prit la route, mais en chemin il s'écria: - Fantômes, je suis dans le besoin, aidez-moi! Et les fantômes apparurent, fidèles à leur promesse: - Que désires-tu? - Des habits de prince, un excellent cheval et une bonne épée pour combattre le dragon! Et c'est tel un prince sur son noble destrier qu'il arriva sur les lieux du massacre et livra combat au dragon. Il fut si valeureux que, sur les sept têtes du dragon, il en coupa deux, et le dragon s'enfuit. Mais la bataille n'était que partie remise... Après avoir rendu les présents aux fantômes, le jeune homme rentra chez lui... le dernier!

Furieux, ses frères le rossèrent et le traitèrent de bon à rien: ils ne l'avaient absolument pas reconnu lors de sa bataille avec le dragon. Le lendemain, le dragon devait revenir. Le jeune homme supplia encore son père qui céda à nouveau, en lui faisant la même recommandation que la veille. A nouveau, le jeune homme appela le fantôme et celui-ci l'aida.

Quand le dragon sortit de son trou, il perdit encore deux têtes. Le temps de rendre au fantôme ce qu'il lui avait prêté, le jeune homme arriva encore le dernier chez lui. Ses frères le punirent encore bien plus que la veille. Le troisième jour, le jeune homme parvint à nouveau à se rendre là où le dragon devait emmener la fille. Déployant toute son énergie, il coupa les trois dernières têtes du dragon. Alors, il demanda le mouchoir de la princesse afin d'y glisser les trois langues des têtes coupées ce jour-là, puis il s'en alla.

De retour chez lui, le jeune homme raconta ce qui s'était passé à son père, et, dès le lendemain, ils se rendirent au palais royal. Ils furent reçus par le roi et sa fille qui reconnut son sauveur: celui-ci montrait pour preuve les trois langues du dragon déposées dans le mouchoir de la princesse. Convaincu, le roi lui offrit un château et de merveilleuses richesses. Entre temps, le fils du paysans à raves et la fille du roi étaient tombés amoureux... Le roi organisa alors pour eux de magnifiques noces, et ils vécurent alors heureux jusqu'à la fin des temps.


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MessageSujet: Re: Contes et légendes de chez nous   Mar 5 Sep - 9:18

Slaapt in 't Stro (Wavre-Notre-Dame)

Vers le 18ème siècle, des soldats français étaient de passage à Wavre-Notre-Dame. Sur le chemin, ils perdirent la caisse du corps de troupe, c'est-à-dire un trésor. Quand les autorités s'en aperçurent, les soldats furent renvoyés dans cette ville: ils devaient retrouver cette caisse car elle contenait des richesses.

Le paysan de " Slaapt in 't Stro ", c'était le nom de sa ferme, chez qui les soldats avaient laissé la caisse, l'avait cachée sous un tas de fumier afin que personne ne la trouve, il voulait tout garder pour lui. Et les malheureux soldats ne la trouvèrent pas. Pour cette faute, ils furent exécutés.

Le fermier était donc riche. Pourtant ses affaires n'allaient pas bien: chacune à leur tour, ses bêtes mouraient dans l'étable. Se doutant que tout cela était la conséquence de son méfait, le paysan finit, à contre coeur, par se confesser au curé. Et le curé lui dit: - Prenez une mesure de froment et comptez les grains. Ensuite, rendez autant de pièces d'or que vous avez compté de grains à la caisse de l'armée. Ce qui reste du trésor, consacrez-le aux bonnes oeuvres.

Mais le paysan était très avare, il ne suivit donc pas les conseils du curé. Mal lui en prit, car, à partir de ce jour, et ce, tous les cent ans, un char infernal attelé de quatre chevaux de feu et mené par une femme s'est mis à tourner près de l'étable et sur le faîte du toit. Mais surtout, certains jours, surtout ceux où il y avait de la tempête, des événements étranges se passaient à la ferme: des choses effrayantes venaient hanter la maison, la bâtisse était pleine de hurlements, les portes claquaient violemment, des vaches étaient retrouvées mortes, leurs deux cous emmêles dans une seule chaîne...

Mais le fermier était tellement avare que, jamais, malgré tout cela, il ne s'est décidé à rendre le trésor...

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MessageSujet: Re: Contes et légendes de chez nous   Mar 5 Sep - 9:20

Les Saintes Hosties (province du Limbourg)

Il y a bien longtemps, au quatorzième siècle, vivait un chapelain. Un jour, il fut appelé pour porter les derniers sacrements à un habitant de Viversel qui était à l'article de la mort. Arrivé près du malade, il déposa sur un table les vases sacrés où se trouvait la sainte hostie. Il la laissa malencontreusement sans surveillance, et des hommes qui étaient là la touchèrent de leurs mains impures et sans aucun respect, à l'insu du chapelain.

Quand le chapelain voulut donner les saints sacrements au malade, il s'aperçut que la sainte hostie était couverte de sang! Les gouttes qui en découlaient avaient même transpercé le linge sur lequel elle était déposée, ainsi, le sang, le linge et l'hostie adhéraient ensemble...

Constatant les conséquences de son manque d'attention, le chapelain tenta de n'en rien laisser paraître et ramena la sainte hostie dans cet état miraculeux dans son église de Viversel où elle resta pendant cinq jours. Ne sachant si la sainte hostie devait être conservée toute sanglante, ni si ce miracle surprenant devait rester caché ou être porté à la connaissance des fidèles et proposé à leur vénération, le chapelain alla demander conseil à son pasteur de l'église-mère de Lummen.

Celui-ci l'envoya à son tour chez un homme, qui par son savoir et ses vertus était digne de considération et de confiance: le pieux et sage Simon, moine de l'abbaye d'Aulne. A peine était-il arrivé dans la lande silencieuse, à quelque distance de la chapelle, que Dieu commença à dévoiler par des miracles l'abondance de ses bienfaits: un troupeau de moutons se jeta à genoux et montra des signes de respect et d'adoration au Dieu caché qui passait.

Les innocents agneaux de la lande purent ainsi les premiers témoigner leur vénération envers le divin agneau qui enlève les péchés du monde. Ensuite, alors que le prêtre approchait d'Herckenrode, les deux cloches de l'abbaye se mirent à sonner d'elles-mêmes, et à son entrée, des religieuses entonnèrent le début de la sainte messe ainsi: " Maintenant je sais pourquoi le Seigneur a envoyé son ange ". Profondément ému, le chapelain résolut de placer sur l'autel son trésor caché.

A son arrivée, le moine d'Aulne, appelé Adam, qui chantait la sainte messe, et qui se trouvait à l'autel, se retourna et s'agenouilla sans rien savoir de ce qu'il avait apporté. A ce moment, le Divin Sauveur se montra d'une façon apparente sur l'hostie miraculeuse: Jésus-Christ apparut sous forme humaine, couronné d'épines resplendissantes. Tous les assistants furent transportés d'étonnement et une femme possédée de l'esprit malin fut délivrée.
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MessageSujet: Re: Contes et légendes de chez nous   Mar 5 Sep - 9:21

Gilles Pafflard (Liège)

Gilles Pafflard, il habitait juste un peu plus bas dans le village, il savait donc bien quel genre d'homme était le fermier. En fait, Gilles avait la réputation d'être un jeune homme très paresseux, plus prompt à faire des blagues qu'à manier la bêche... C'est à la suite d'une querelle avec ses parents à cause de sa paresse qu'il s'était décidé à devenir valet chez ce fermier-là.

Il ne l'avait pas choisi au hasard, il avait une raison, une très bonne raison: Gertrude lui plaisait... Il prit donc le chemin de la ferme. Arrivé là, il fut accueilli par la hargne du chien de garde, puis par la mauvaise humeur du fermier:

- Si tu es mendiant ou colporteur, passe ton chemin! Nous n'avons besoin de rien et nous sommes bien trop pauvres pour faire la charité!

Bien loin de se démonter, Gilles répondit hardiment qu'il venait lui proposer de travailler pour lui, en échange seulement d'un peu de pain. Le fermier se méfiait et commença par refuser, mais il finit par accepter: Gilles proposait en effet de ne lui donner salaire que si son employeur était satisfait de ses services. Le jeune homme fut donc envoyé travailler dans un champ qu'il devait avoir terminé de faucher avant la tombée du soir, sans quoi il ne serait pas payé.

Gilles s'en alla joyeusement vers son lieu de travail. Arrivé là-bas, il se coucha sous un arbre pour profiter de ce beau jour d'été... Le soir allait tomber quand il se décida à s'agiter un peu. Il sauta sur ses pieds et commença à arpenter le champ et la campagne environnante. Il ramassa des bousiers, ces insectes qui ont l'habitude de se nourrir d'excréments, ainsi que de nombreux vers trouvés dans des fruits et sous l'écorce des arbres.

Estimant sa récolte suffisamment abondante, il emballa les insectes dans des morceaux de toile et reprit le chemin de la ferme. Là Gertrude attendait son retour avec impatience: en fait, Gilles lui plaisait bien, et elle avait passé une bonne partie de l'après midi à lui préparer amoureusement un bon repas. Mais Gilles était à peine arrivé à la ferme qu'il se trouva nez à nez avec le fermier qui sortait du cellier où il avait découpé et salé lui-même un cochon bien dodu.
- As-tu terminé ta besogne?
- Pour sûr, répondit Gilles avec beaucoup d'assurance.
Le fermier l'interrogea alors sur les paquets qu'il tenait en main:
- C'est un essaim d'abeilles, si vous voulez, je vous le vends à bon prix!
- Comment, s'esclaffa le fermier, cet essaim est à moi, tu l'as trouvé sur mes terres, comment oses-tu croire que tu as le droit de me le vendre?!




Gilles ne se laissait pas impressionner. En plus, le fermier s'énervait tellement qu'il dut faire quelques pas pour reprendre son souffle, il ne faisait plus attention à Gilles. Celui-ci en profita pour se glisser dans le cellier et répandre toute la vermine qu'il avait récoltée sur le cochon tout frais de l'avare...

Il venait de remonter quand le fermier, qui s'était un peu remis de son étouffement, l'apostropha de nouveau, le menaçant de le mettre dehors s'il ne consentait pas à lui donner l'essaim d'abeilles. Alors Gilles répliqua:
- Faites ce que vous voulez, vous ne connaissez pas mon pouvoir... Il me suffit de dire trois voeux et ils sont exaucés sur le champ!
Devant l'incrédulité du fermier, Gilles prit un air digne et sérieux et prononça la formule magique:
- Krik, Krak, Patakrak! Démons et nutons, je vous appelle à l'aide! Faites que ces abeilles se transforment en bousiers, que le porc du saloir se couvre de vermine, et que l'herbe repousse dans le pré que j'ai fauché!

Le fermier ne voulait pas y croire, mais il était tout de même un peu effrayé. Son épouvante devint réelle quand Gilles ouvrit le sac qu'il tenait toujours en main: le sac contenait des bousiers et non des abeilles! Le fermier se précipita alors dans le cellier pour découvrir que, là aussi, la prédiction était accomplie, de même que, dans le pré, l'herbe était aussi haute que si nul n'y avait touché!

Fou de rage, l'avare ordonna à Gilles de quitter sa ferme immédiatement, mais celui-ci avait encore un mot à dire: - Je désire que vous me donniez votre fille en mariage et votre ferme en dot! Si vous refusez, je transforme votre argent en ...

Il n'eut pas le temps de terminer se phrase: le vieil avare était prêt à tout accepter pour garder ses écus. Quelques jours plus tard, c'est dans une grande joie que le mariage fut célébré. La mariée était aux anges, son bonheur la rendait plus belle encore. Gilles était un mari comblé: Gertrude continuait à tenir merveilleusement la maison et à cuisiner des plats succulents, comme elle l'avait toujours fait, et mieux encore.

L'avare vivait avec eux: Gilles lui avait fait cette faveur. Le fermier n'avait pas changé pour autant: il passait son temps à se morfondre en comptant et recomptant son or...
Par la suite, Gilles fit si bien fructifier le domaine qu'il devint plus riche que le fermier avare ne l'avait jamais été. Il devint même célèbre: dans la haute Amblève, quand on veut parler d'un homme fin et rusé, on dit de lui que c'est un Plaffard...



http://www.lefantastique.net/con_leg/belgique/detail_contes.asp?nom=Gilles%20Pafflard


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MessageSujet: Re: Contes et légendes de chez nous   Mar 5 Sep - 9:24

Le Vert Bouc (Luxembourg)

Lucien était las de s'épuiser au champ. Les gouttes de sueur transpiraient de sa peau au même rythme que les pièces quittaient sa bourse. L'argent manquait souvent. Son rêve d'un jour pouvoir s'offrir plus que le nécessaire s'était éteint. Le paysan était à vrai dire plus pauvre encore que le jour de son mariage. Son mariage… Sans doute de loin le plus beau jour de sa vie. Marie lui avait paru si fragile et si pure, comme l'orchidée qui vient d'éclore et sur laquelle perlent les premières gouttes de la rosée. Mais avec le temps, avec les soucis, sa fleur si vulnérable était devenue son chêne au creux duquel il aimait se reposer. Il aurait tant voulu lui rendre la vie plus simple, lui offrir le bonheur sur un plateau doré.

Lucien pensait à tout cela tandis qu'il marchait le long du chemin qui le menait chaque jour à sa modeste fermette. A mi-chemin, entre Anloy et Jéhonville, il s'arrêta net. Une étrange silhouette semblait lui demander de l'aide. L'Ardennais était intrigué. Mais bon cœur, il s'avança vers le coin sombre où semblait s'être retranché ce personnage sorti de nul part.

"Je sais qui tu es", dit le diable au paysan soudain désemparé. "Je sais ce que tu as. Et surtout, je sais ce que tu n'as pas. Apaise ton esprit. Laisse calmement couler ton sang dans tes veines. Je ne te veux que du bien. Je veux jouer avec toi." Lucien, tendu jusqu'à la moelle, allait prendre ses jambes à son coup quand le diable renchérit. "Tu as soif d'argent et je peux te donner à boire pour toute ta vie. Le défi est très simple. Es-tu prêt à le relever ?" La curiosité du paysan embrasa tout son corps. L'envie céda à la sagesse. "Laisse tes yeux inscrire dans ta mémoire ce que ta raison ne pourra supporter."

En un bond, le diable abandonna l'Ardennais, nu devant l'indescriptible. Un animal ? Il n'en était pas sûr. La chose devant lui avait un regard. Une expression humaine dans les yeux, mais trop envoûtante pour être celle d'un homme. L'énorme chose gémit. Une plainte douloureuse ? Non, plutôt un rire. Un cri sorti des enfers. Un démon au regard de braise. Avec sa langue fourchue entre les dents, de profondes crevasses sur le corps et des poils noirs verdâtres ressemblant plus à de la laine qu'à des crins, jamais chose ne lui avait paru aussi étrange. Le Vert-bouc se tenait face à lui, imposant toute son étrangeté dans un décor pourtant si familier.
Lucien ne sentit plus le poids de son corps. La peur lui avait enlevé toute matérialité. Le paysan s'enfuit. Tandis que son esprit tentait d'oublier la scène, la voix du diable retentit dans ses oreilles : "Reviens quand la lune sera au quart. Si tu réussis à m'étonner davantage que je puis le faire, l'or pour toi coulera à flot." Marie cru voir un revenant quand Lucien franchit la porte de la demeure. Elle lui offrit sa tendresse et son réconfort pendant que l'homme dégurgita par les mots qu'il put trouver ce qu'il venait de voir. Le lendemain et les jours suivants, il n'en fut point question. Mais l'échéance arriva presque à sa fin.

La mémoire efface bien souvent avec le temps ce qu'il y a de pointu dans sa géométrie. L'or brille parfois bien plus que le simple bonheur. Lucien et Marie décidèrent ensemble d'affronter le diable sur son terrain. Le soir venu, le paysan prit son miel le plus parfumé et en enduisit son épouse jusqu'au moindre espace. On aurait dit qu'elle s'était vêtue d'une seconde peau qui lui donnait l'apparence de n'être plus qu'un bloc jaunâtre et luisant, comme un miroir doré. L'Ardennais saisit ensuite un couteau de cuisine et perfora un vieux matelas avec acharnement. Les plumes volèrent dans tous les sens. Il les rassembla puis roula Marie dans le tapis nuageux. La femme n'était plus femme, la rencontre pouvait avoir lieu.

Ils se rendirent ensemble à l'endroit convenu, bien à l'abri des arbres et de leur pénombre. Le diable ne se fit pas attendre. Il fit d'abord un bref mais violent sursaut à la vue de ce que lui présentait le paysan. Puis il examina la chose, tout en gardant ses distances. Il y avait là, enfuie sous la peau, une respiration. S'il y avait de la vie, quelle pouvait-elle être ? Il eut beau passer en revue les moindres détails de ce qui ne pouvait être qu'un animal, il resta sur sa fin.

Alors il se raidit. Souffla violemment à travers ses narines. Grogna dans sa mâchoire. Il ne put l'admettre mais la fatalité lui éclata au visage. Il avait perdu. Dans un geste fendant les airs, il jeta au pied du paysan ce qui lui revenait. Et il disparu si rapidement que les vainqueurs n'eurent même pas le temps de croire en la réalité.

Avant de partir, la joie au cœur, Lucien et Marie décidèrent de donner un nom au lieu qui avait vu renaître toutes leurs espérances. Ils l'appelèrent le Trou du bouc.



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MessageSujet: Re: Contes et légendes de chez nous   Ven 27 Oct - 18:49

on apprend pleins de chose ici c'est super merci ca en fait de la lecture cheers
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Contes et légendes de chez nous

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